Histoire du Judo

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Aucun pays au monde n’a connu un développement aussi spectaculaire des arts martiaux que le Japon. Et aucun pays au monde n’a su les garder aussi proches de leurs origines. Ceci est dû aux conditions particulières de notre histoire, et notamment, au fait que le Moyen Age nippon, avec ses guerres deSamouraï, n’ait pris fin qu’il y a un peu plus d’un siècle (1868). Ce n’est pas la seule explication. Il y a, en plus, quelque chose qu’il est difficile d’expliquer à un non japonais, et qui procède du cœur de l’homme (kokoro). Cela veut dire que, très tôt, les arts martiaux devinrent les éléments de la vie quotidienne de nos ancêtres, qu’après la recherche de l’efficacité à tout prix vint très vite celle de l’élégance du geste et de ses fondements spirituels. Ainsi les arts du Budo furent rapidement animés du même esprit que le chanoyu (la Voie du thé) ou l’ikebana (art floral) par exemple la technique, le geste, quelle que puisse être leur efficacité visible en soi, est surtout un moyen pour l’homme de s’élever. Ce climat spirituel qui entoure les arts de l’authentique Budo est, hélas, trop souvent occulté par leurs seuls aspects sportifs. Parmi les arts martiaux créés au Japon, le Judo fut le premier à être connu à l’étranger et à s’y développer d’une manière totalement inattendue par les premiers maîtres. Il est encore aujourd’hui le plus universellement pratiqué.
L’instinct de conservation est une universelle communément attribuée à tous les êtres de la création. Chaque homme la possède à un degré plus ou moins développé ; c’est elle qui a donné naissance, au cours des siècles d’expériences, aux techniques individuelles, puis, avec la constitution des sociétés, aux véritables méthodes de combat. Avant que le Judo ne se dégage de cette foule de méthodes, un premier tri avait été fait par les maîtres deJu-Jitsu, méthodes de combat qui sont les ancêtres directs du Judo d’aujourd’hui et qui furent longtemps gardées jalousement secrètes par les diverses écoles (ryu). Le vieux Ju-Jitsu est l’art de guerre le plus typique du Japon et on en trouve des traces sérieuses dans des documents du VIIIème siècle, tels le Kojiki (recueil des choses anciennes) et le Nihon Shoki (chroniques du Japon). Mais ce n’est qu’à partir du milieu de l’époque de Muromachi (1392-1573) que le Ju-Jitsu prit de l’importance. Cette période sombre de notre histoire, époque de luttes féodales, de désordre et de chaos social, vit fleurir des dizaines d’écoles aussi fermées les unes que les autres et dont seuls les noms sont parvenus jusqu’à nous : YawaraKoshi No MaxariHobaku,KogusokuKempoTai-JitsuWa-JitsuToriteHakudaShubakuKumiuchi, etc. Le répertoire technique ne devait pas être alors très élaboré et dérivait pour l’essentiel des anciennes techniques du Sumo. Ces méthodes de combat consistaient d’ailleurs à triompher d’un adversaire armé ou non, que ce soit avec ou sans armes. Le vieux Ju-Jitsu incluait donc également des techniques d’armes. L’école la plus représentative de ce temps, et qui a survécu, estTakenouchi Ryu, fondée en 1532, par un fils de Daimio (gouverneur féodal) après un temps d’ascèse dans la montagne à l’issue duquel l’art du combat avec et sans armes lui fut révélé, dit-on, par les Tengu (génies de la montagne). Mais c’est surtout pendant la période d’Edo (1615-1868) que le Ju-Jitsuprit son essor véritable. Ce fut une époque de paix et de retour à l’ordre désirée par l’empereur, et les samourai désœuvrés se mirent à fréquenter les dojos dans le but de remplacer les champs de bataille. À ce moment, les techniques s’affinèrent et s’imprégnèrent d’esprit.

Le XVIIème siècle fut la grande ère du Ju-Jitsu : beaucoup d’experts, samourai ou maîtres d’armes fondèrent des écoles portant leur nom et formèrent des élèves qui ouvraient à leurs tours leurs propres écoles. La rivalité était terrible, les défis nombreux et sanglants, les techniques primitives et souvent irrationnelles d’un point de vue moderne. Mais les bases définitives de ce qui allait devenir le judo étaient déjà jetées. Ainsi l’école Tenjinshinyoryu, classa les techniques de Katame-waza (immobilisations), de Shimewaza(étranglements) et de Atemi-waza (coups frappés) qui seront les premières bases sur lesquelles travaillera Kano Jigoro, fondateur du judo moderne. De même, le principe de Nage-waza(projections), principe de la souplesse, était la base de l’école Yoshin-ryu (école du cœur de saule), crée par Shirohei Akiyama. Enfin, bien des fondements de Kito-ryu se retrouvent dans le judo actuel et Kano Shihan a immortalisé cette école à travers le Khoshiki-no-kata. Quant à l’esprit des techniques, on en parle également déjà dans les archives de maintes anciennes écoles de Ju-Jitsu où l’on recherchait plus l’élévation humaine que le combat réel. L’école Jikishin-ryu, et quelques autres, avaient déjà adopté le mot de  » Judo  » avant que cette appellation ne devienne populaire. On y trouve  » Do  » qui rappelle la  » voie  » de la perfection, et  » Ju  » principe de la souplesse « , aussi bien physique que mentale, dont il est déjà question dans la pensé chinoise de l’E-Hui, qui ramène le monde à un équilibre permanent entre le Yang (principe positif) et le Yin (principe négatif), ou entre le « Go  » (le dur) et le  » Ju  » (la souplesse). L’école Shibukawa interprétait le  » Ju  » dans un sens un peu différent mais également révélateur de ses préoccupations spirituelles :  » Ju  » provenait de  » Jujun « , qui signifie  » obéissance « , dans le sens de  » non-résistance « , de l’harmonie parfaite de notre action avec celle de l’adversaire.

1868 fut une année terrible pour les arts martiaux (Restauration de l’Empereur Meiji) car le Japon s’ouvrait à toutes les influences étrangères et rejetait ses propres traditions. Les arts duBudo perdirent tout prestige dans leur propre pays, supplantés par la vague de modernisme… Beaucoup d’écoles de Ju-Jitsu disparurent. Les derniers maîtres survécurent difficilement, totalement abandonnés. Ce fut en ces temps difficiles que grandit Jigoro Kano. Son rôle ne se borna pas seulement à réaliser une synthèse cohérente des vieilles techniques oubliées de Ju-Jitsu ; il posa définitivement l’idée que les possibilités de l’art martial dépassaient largement le plan physique et que ce qu’il appelait alors  » Judo  » (le suffixe  » Do « , la  » voie  » remplaçant définitivement celui de  » Jitsu « , la  » technique « ) pouvait être un fantastique moyen de développement moral pour l’individu d’abord, pour la société tout entière ensuite. C’est cet idéal élevé qui sauvera le vieil art martial de l’oubli. C’est à l’âge de 17 ans que le jeune Kano, de nature chétive, décida d’étudier Tenjinshinyo-ryu avec maître Hashinosuke Fukuda. Cette branche particulière du Ju-Jitsu se spécialisait dans les attaques des centres nerveux et dans les techniques de frappe des poings. Lorsque son professeur mourut, Jigoro Kano s’inscrivit au Kito-ryu, une école spécialisée dans le Nage-Waza (techniques de projections au sol), ainsi que dans d’autres écoles anciennes.

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Maître Jigoro Kano (1860-1938), fondateur du Judo en 1882.

Déjà sa synthèse personnelle prend forme. Il introduisit le principe du tskuri-komi. Dès février 1882, il crée son propre style qu’il appela d’abord Kano-Ryu, puis Judo du Kodokan (Judo de  » l’institut du Grand Principe « ). Il ouvre son premier dojo dans le petit temple bouddhique d’Eisho-Ji, avec 9 disciples (le premier élève fut Tomita Tsunejiro) n’évoluant que sur une douzaine de tatamis. Un célèbre combattant nommé Fukushima lança alors un défi à Jigoro Kano, lequel parvint à remporter le combat avec une facilité déconcertante. Dès lors, la renommée deKano se répandit à une vitesse phénoménale. En août 1882, Saigo Shiro, une autre grande figure du Judo, entre au Kodokan. Mais la solidité du vieux bâtiment est mise en danger par la violence des chutes sur les tatamis et il fallut très vite construire un nouveau dojo à l’extérieur. Le Kodokan déménagea plusieurs fois. Ce fut entre 1886 et 1889, au dojo de Fujimi-Cho, Tokyo, que la suprématie du judo du Kodokan allait définitivement s’établir après, notamment, le grand tournoi entre le Judo et des combattants sélectionnés par le Yoshin-ryu-ju-Jitsu qui vit l’écrasante défaite de ce dernier. Le judo devint alors très populaire au Japon… Le ministre de l’Éducation l’adopta comme sport scolaire et il fut ajouté aux programmes d’entraînement des forces de police. Ce fut également dans cette même période que la véritable fusion des vieilles techniques s’établit sous l’impulsion de Kano qui modifia certaines techniques à la lumière de ses premières expériences et avec l’aide de ses premiers disciples (Kano avait présenté la première forme du Nage-No-Kata en 1884, mais le modifia plusieurs fois par la suite).

Le nouveau Judo fut débarrassé de l’esprit féodal des anciennes écoles de Ju-Jitsu, les vieilles techniques furent examinées scientifiquement et un nouveau système d’entraînement fut organisé (mise au point des Ukemi, techniques pour amortir les chutes sur les tatamis). Ne voulant retenir que le point de vue éducatif, de rigoureuses éliminations et sélections furent faites en bannissant de la nouvelle méthode tout ce qui pouvait être dangereux à l’entraînement. Ainsi l’Atemi-waza fut pratiquement éliminé au profit des projections et des immobilisations, qui pouvaient s’employer en assaut sportif. Kano se rendit en Grande-Bretagne en 1885 et consacra une grande partie de sa vie à la promotion du judo. À partir de 1905, après la victoire du Japon sur la Russie, l’intérêt pour les choses étrangères déclinait et le nationalisme reparut : le Judo profita de ce renouveau des traditions nippones. Les Universités puis les écoles l’enseignèrent. Le Kodokan n’eut plus l’exclusivité d’un sport revenu à la mode (ses grands rivaux furent, avant 1940, le Butokukai de Kyoto et le Kosen, qui pratiquaient davantage le judo au sol et dont l’efficacité était certaine) mais Kano Jigoro poursuivait l’expansion d’un art martial dont il fut le premier à réaffirmer l’intérêt, au cours de plusieurs voyages à travers l’Europe et les Etats-Unis, jusqu’à sa mort en 1938. Ses neuf premiers élèves de 1882 devinrent 100 en 1886, 600 en 1889, et se comptent aujourd’hui par plusieurs millions rien qu’au Japon.

Photo prise le 24 juillet 1906 à Kyoto devant le centre d'entraînement du Butokukai (Conservatoire des Arts Martiaux Japonais). On y voit Jigor Kano (assis au centre, avec une canne) entouré des principaux maîtres de Ju-Jitsu de l'époque.

Photo prise le 24 juillet 1906 à Kyoto devant le centre d’entraînement du Butokukai
(Conservatoire des Arts Martiaux Japonais).
On y voit Jigor Kano (assis au centre, avec une canne)
entouré des principaux maîtres de Ju-Jitsu de l’époque.

Au Japon, les premiers championnats All-Japan se déroulèrent en 1930 et lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, le judo était devenu le sport national japonais. La Japanese Judo Federation vit le jour en 1949. Les premiers championnats du monde eurent lieu à Tokyo en 1956 et, depuis 1965, ils se déroulent tous les deux ans. Les championnats du monde féminins furent créés en 1980. Cette compétition reflète l’intérêt grandissant des femmes pour le judo. Lors des jeux Olympiques de Tokyo en 1964, le judo fut inscrit au programme, initialement avec trois catégories de poids. Depuis 1972, il fait systématiquement partie des jeux olympiques. Les épreuves féminines de démonstration ont été introduites à Séoul en 1988 et devinrent une discipline olympique en 1992.

La diaspora du judo à travers le monde est une histoire fantastique émaillée d’anecdotes hautes en couleur et ponctuée de personnalités de premier plan, pionniers dont le souvenir s’estompe maintenant avec les légendes d’un judo à l’efficacité mystérieuse qu’ils avaient contribué à répandre. Un gros ouvrage ne suffirait pas à en faire la relation complète. La première démonstration de judo faite en France (1889) l’a été par Jigoro Kano lui-même, au cours d’un premier voyage en Europe ; mais elle passa inaperçue. C’est en Grande-Bretagne que s’ouvrirent, dans les premières années du siècle, plusieurs clubs animés par des experts japonais, cours également fréquentés par deux Français. L’un d’eux, Guy de Montgrilhard, dit Ré-Nié, lutteur et judoka, ouvrit une salle à Paris en 1904. Le succès du Ju-Jitsu de RéNié allait grandissant, au fur et à mesure des victoires qu’il accumulait à l’issue de défis spectaculaires, jusqu’au jour où Ré-Nié succomba devant un imposant lutteur russe. Les amateurs de sports de combat se détournèrent aussitôt du Judo.

Cependant, aux alentours de 1905, la police de Paris commença la pratique du Judo. En 1908, Le Prieur est le premier Français à étudier aux sources mêmes. Il suit des cours au Kodokanmais, de retour en France, ne persévère pas au-delà de quelques démonstrations publiques. En 1918, le premier club européen de judo, le Budokwai, ouvrit ses portes à Londres. Il était dirigé par Gunji Koizumi (1885-1965), qui contribua à faire connaître le judo en Angleterre et dans le reste de l’Europe. Il enseignait encore au Budokwai la veille de sa mort, à l’âge de quatre-vingts ans. À partir de 1924, nouvelle tentative d’implantation du Judo en France : Keishichi Ishiguro, 5ème Dan du Kodokan arrive à Paris où il enseigne dans plusieurs dojo, multipliant les manifestations de propagande, tout en se déplaçant également dans toute l’Europe. Personnalité toutefois peu attachante, le professeur japonais ne laissera même pas l’embryon d’un premier développement du Judo en France. L’étape décisive se place une dizaine d’années plus tard. C’est la rencontre, en 1933 puis en 1934, de M. Feldenkrais avec Kano Jigoro, venu deux nouvelles fois en France où il prononce des conférences. M. Feldenkrais sera l’un des animateurs du Ju-Jitsu-Club, rue Beaubourg à Paris, où viendra enseigner, en premier lieu, M. Kawaishi, que l’on fit venir de Londres en 1935. Alors 4ème DanKawaishi Mikinosuke, va cristalliser autour de lui les premiers judokas français, au Jiu-Jitsu-Club de France, enfin au club Franco-Japonais. Ce fut pour beaucoup une révélation. Personnalité dynamique, fin psychologue, Judoka efficace, M. Kawaishi exercera sur le judo français une férule incontestée quoique ne plaisant pas à tout le monde, en raison du caractère jugé trop autoritaire et l’aspect dictatorial des méthodes du ShihanM. Kawaishi impose sa méthode personnelle, codifiée suivant une nomenclature jugée plus conforme à l’esprit occidental ; de plus, il crée les ceintures de couleur, correspondant aux grades intermédiaires entre le débutant et la ceinture noire, qui n’existaient pas dans le judo japonais, et dont le succès fut incontestable.

L’action de M. Kawaishi sur le Judo français fut décisive et les premiers championnats de France purent se dérouler à la salle Wagram Paris, le 31 mai 1943 devant 3 000 spectateurs, qui virent la victoire de Jean de Herdt, alors 2ème Dan. Lorsque le maître regagna le Japon en 1944, il laissa une cinquantaine de ceintures noires en France. Il revint, 7ème Dan, en 1948. Entre temps les choses avaient beaucoup évolué et le développement du Judo allait rapidement créer des affrontements dépassant la personnalité de M. Kawaishi. D’abord section de la Fédération Française de Lutte, le Judo est enfin officiellement reconnu dans le cadre de la Fédération Française de Judo en 1947 (F.F.J.). Ce fut le Judo  » Fédéral « . Mais, quelques mois plus tard se constituait le Collège des Ceintures Noires, organisme opposé au premier. C’est dans ce contexte tendu que M. Kawaishi revint. Il réussit à maintenir l’unité du Judo français jusqu’en 1951-52 assisté de Shozo Awazu, 6ème Dan, à partir de 1950. La véritable brèche dans l’autorité du maître sera l’arrivée, en 1951, de Ishiro Abe au Shudokan de Toulouse. Ce fut cependant également l’année des premiers championnats d’Europe, à Paris, où les judokas français raflèrent tous les titres, en équipe comme en individuels, et où Jean de Herdt reçut le 4ème Dan des mains de Kano Risei, fils du fondateur, Président de l’Union Internationale de Judo. Belle consécration du travail de M. Kawaishi. Mais, dans le Midi, Ishiro Abe faisait découvrir un nouveauJudo, tout de souplesse et de dynamisme. On parla de véritable révélation qui, forcément, ternit l’image de M. Kawaishi dont l’influence sur les affaires du Judo français allait décliner rapidement.

En 1954 fut crée l’Union Fédérale française d’Amateurs de Judo Kodokan, (U.F.F.A.J.K.) s’opposant la Fédération Française de Judo. 1956 est l’année du premier championnat du monde Tokyo et celle de la création de la F.F.J.D.A. (Fédération Française de Judo et Disciplines Assimilées), à partir de la réunification de I’U.F.F.A.J.K. et de la F.F.J. Mais, dans le même temps, leCollège National des Ceintures Noires, animé par M. Jazarin, reprend son autonomie. C’est l’époque où les organismes se multiplient, plus ou moins éphémères, nourris des passions des uns et des autres et où, à la faveur de tant d’animation, le judo français développe ses effectifs de façon décisive. Rien n’arrêtera plus cette lame de fond.

Tentative de projection sur O-Soto-Otoshi ("Grande Projection Extérieure").
Tentative de projection sur O-Soto-Otoshi
(« Grande Projection Extérieure »).
Marie Claire Restoux (catégorie -52 Kg) en demi-finales des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996.
Marie Claire Restoux (catégorie -52 Kg)
en demi-finales des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.

 

En 1957 sont créées trois catégories de poids aux championnats d’Europe (légers, moyens et lourds), ce qui débute une nouvelle querelle et provoque un nouveau schisme parmi les judokas français. En 1965 cependant deux nouvelles catégories de poids s’ajoutent, complétées en 1977 à sept catégories. En 1971 un protocole d’accord est signé entre la F.F.J.D.A. et le Colège des Ceintures Noires, la réunification devenant affective en 1974. Enfin, 1972 marque la reconnaissance définitive du Judo comme discipline olympique. Durant ces quinze années, les effectifs passaient de trente mille à deux cent soixante mille pratiquants. La progression était également qualitative puisque aux jeux Olympiques de Munich, en 1972, la France s’adjugeait trois médailles de bronze (J.-J. MounierJ.-P. Coche et J.-C. Brondani), que Jean-Luc Rougé devint champion du monde à Vienne en 1975 et que Thierry Rey obtint l’or en super-légers aux championnats du monde de 1979 tandis que des médailles d’argent revenaient à Delvingt, à Tchoulloyan, à Sanchis et à Rougé. Résultats éloquents d’un travail en profondeur, reflet d’une excellente organisation au niveau national, répercutée à tous les niveaux par des cadres compétents, 1979 a été une date pour le judo français honoré par ailleurs de la promotion de Henri Courtine, 7ème Dan, directeur de la F.F.J.D.A., élu directeur sportif de la Fédération Internationale de Judo à son Congrès de décembre de la même année. Mais il n’y a pas que le Judo de compétition, le fer de lance d’une politique de développement, celui qui est le plus connu au niveau du public ; il y a actuellement environ 500 000 licenciés à la F.F.J.D.A. chiffre que l’on peut pratiquement doubler si l’on compte les Judokas inscrits dans les fédérations omnisports (U.F.O.L.E.P., F.S.G.T.). C’est à eux tous qu’on a songé aux assises de l’Assemblée Générale de juin 1980, Strasbourg, lorsque l’on décidait de créer un Grand Prix Technique masculin, pour rappeler que le judo devait rester un art avant tout et pas seulement un révélateur pour une mince élite sportive. C’est ainsi rappeler que le judo doit avant tout rester un sport d’équilibre, physique et mental, au service de l’esprit, un véritable art de vivre qui prend toute son importance dans une civilisation qui veut promouvoir les loisirs. Et pour les très jeunes pratiquants (70 % des effectifs sont des enfants), le judo doit rester une école de caractère, de découverte de soi-même. C’est la vocation que lui avait trouvée Kano Jigoro Shihan.

Toutes les sociétés du monde ont connu leurs arts martiaux, avec ou sans armes, mais ces techniques sont souvent tombées dans l’oubli. Il reste que certains dessins exécutés par Albrecht Durer à l’époque de la Renaissance indiquent clairement que les occidentaux connaissaient déjà certaines projections, notamment celles de hanche et de jambe. En Occident, on a ainsi retrouvé des dessins démontrant que le Moyen Age n’ignorait rien de la « planchette japonaise« … Il est impossible de connaître toutes les interférences entre les cultures ni le sens des échanges. Dans toutes les techniques martiales actuellement connues les apports ont été d’origines multiples, mais leur codification définitive reste le fait du peuple qui en a gardé le souvenir et les a fait connaître. En ce sens elles peuvent, comme c’est le cas pour le judo, devenir un véritable véhicule culturel.

Les Judokas constituent une grande famille. Il n’y a aucune rivalité réelle entre les pratiquants dans la mesure où la présence du partenaire est indispensable à l’évolution physique et mentale. L’adage  » Amitié et prospérité mutuelle  » définit une des caractéristiques du Judo. Les combattants évoluent dans le respect d’un règlement intérieur tout en suivant le code moral du Bushido qui définit la conduite de tout guerrier. En rendori, le seul adversaire à vaincre est celui qui existe en soi-même. Le partenaire est là pour nous aider à surpasser nos propres limites, à améliorer nos techniques, notre corps et notre esprit.

Utilisation accentuée de l'élan de l'adversaire lors d'une projection de hanche...

Utilisation accentuée de l’élan de l’adversaire lors d’une projection de hanche…

Les pratiquants portent des Judo-Gi, des vêtements fabriqués dans un tissu de coton épais. La première chose qu’apprend le Judoka est l’Ukemi-Waza, où l’art d’amortir sa chute. Ces techniques consistent à protéger ses parties vitales (tête, colonne vertébrale, cervicales…) en évitant à celles-ci d’entrer en contact avec le sol au moment de l’impact et en dissipant l’onde choc dévastatrice grâce une technique de brise-chute. Dès lors, le pratiquant est apte à découvrir le rendori. Ces combats libres représentent près de 80 % du Judo. Les Judokas doivent alors s’apparier et s’entraîner à imposer leurs gardes (Kumi-Kata) afin de projeter leur adversaire au sol. Au début, l’apprentissage consiste à esquiver l’attaque en cherchant à absorber l’énergie déployée par l’adversaire de la même manière que le palmier plie sous le vent pour ne pas se briser. C’est à se moment que les pratiquants se verront enseignés des techniques plus complexes dont le but est d’utiliser la force adverse ainsi contrôlée, amplifiée puis réutilisée à l’insu du partenaire. Ces notions du  » Meilleur emploi de l’énergie  » et du  » maximum d’efficacité pour minimum d’efforts  » font parties intégrantes du Judo et illustrent parfaitement le bambou dont la souplesse lui permet de se débarrasser du fardeau qu’est la neige. C’est l’obéissance à cette règle qui permet au petit ou au faible de vaincre un adversaire physiquement plus fort, dans la mesure où c’est l’application systématique des principes de la dynamique.

Le Judo olympique que nous connaissons à le Ju-Jitsu pour origine.
Le Judo olympique que nous connaissons
à le Ju-Jitsu pour origine.
David Douillet place un Uchi Mata à son adversaire espagnol lors des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996.
David Douillet place un Uchi Mata à son adversaire
espagnol lors des Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996.

 

La Fédération Française de Judo, créée en 1947, regroupe aujourd’hui près de 460 000 licenciés. 
Ce sport est le plus pratiqué des arts martiaux
. La France est, après le Japon, l’un des pays du monde où le Judo s’est le plus développé… La France obtient d’excellents résultats dans les compétitions internationales. C’est ainsi qu’Alexandre fut champion olympique en 1988 dans la catégorie des poids légers, et que les Françaises Nowak, en super-légères, et Fleury, en mi-moyennes, furent championnes olympiques en 1992.

David Douillet fut trois fois champion du monde en 1994, 1995 et 1996, ainsi que champion olympique en 1996.
L’équipe de France messieurs remporta la coupe du monde par équipes – qui a lieu tous les quatre ans – en 1993.

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